Le GSU appelle à parrainer le référendum contre la privatisation d’ADP

Le Groupe Socialiste Universitaire apporte son soutien à la procédure référendaire visant à reconnaitre « Aéroport de Paris » comme un service public national. Les nombreux débats que nous avons organisés afin de débattre sur les services publics ou les entreprises publics nous amènent à la même conclusion : l’Etat doit nécessairement rester maître de ses infrastructures d’intérêt national et les conserver sous pavillon de l’Etat Français pour plusieurs raisons.

D’une part, l’infrastructure a été construite par un financement public donc par nos impôts. Nous sommes donc légitimement en droit de « suivre l’emploi » des deniers publics comme le dispose l’article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Reprenant les termes de l’exposé des motifs de la proposition de loi référendaire, « conformément au préambule de 1946 qui précise que « tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité », il apparaît légitime que ces aérodromes et leur exploitation soient la propriété de la collectivité », et donc d’en déterminer l’avenir.

Il est de notoriété publique que les finances de l’Etat sont dans une mauvaise situation depuis plusieurs années et que nous sommes obligés de nous endetter pour subvenir à nos besoins. La situation est devenue si grave que nous empruntons autant que nous remboursons. Le gouvernement a avancé deux arguments majeurs pour soutenir cette privatisation. La première est d’ordre économique car le gouvernement voulait disposer de fonds de manière rapide pour financer des investissements ; la deuxième est que le service d’ADP se dégrade, ce qui se reflète dans les classements internationaux et que dès lors sa situation serait meilleur sous pavillon privé.

Ces arguments ne tiennent pas dès lors qu’est démontrée l’absurdité économique de ce projet. Aéroport de Paris rapporte chaque année plus de cent millions d’euros à l’Etat. En 2018, l’entreprise a apporté 173 millions d’euros à l’Etat et devrait rapporter cette année autour de 185 millions d’euros. C’est donc une entreprise d’une très grande rentabilité et qui apporte des fonds énormes à l’Etat. Dans le contexte actuel où nous avons une baisse des budgets, disposer d’entreprises qui apportent chaque année plus d’argent est un luxe qu’il ne faut nullement négliger. Il serait regrettable de faire la même erreur qu’avec la privatisation des autoroutes. Ces dernières ont rapporté aux entreprises concessionnaires beaucoup plus que prévu, des sommes qui ne sont donc pas investies dans les dépenses publiques.

Ajoutons qu’une entreprise qui connait des difficultés de services rendus à ses clients peut très bien investir pour améliorer la qualité de son produit. Au regard des revenus générés par ADP, il semble qu’elle en détient les moyens. Aujourd’hui l’Etat est l’actionnaire majoritaire, il dispose du pouvoir d’injonction pour contraindre l’entreprise à investir encore pour s’améliorer. Il n’y a nul besoin de la céder au privé pour cela.

Enfin, il est bien utile de rappeler que l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle seul accueille plus de 70 millions de passagers chaque année, que c’est toujours le deuxième aéroport européen derrière celui de Londres Heathrow, et qu’il peut rapidement le dépasser dans les années à venir. Il reste toujours dans les dix premiers en termes de fréquentation, et progresse dans les classements internationaux en termes de « qualité ». 

Cette volonté de privatisation a un fondement idéologique et non économique. Nous avons l’expérience de la privatisation des autoroutes. Il serait regrettable de reproduire la même erreur.

Ainsi, nous vous appelons solennellement à soutenir la démarche engagée par plus de 185 parlementaires sur le fondement de l’article 11 de la Constitution pour la tenue d’un référendum d’initiative partagée pour reconnaitre Aéroport de Paris comme un service public national. Désormais, il est nécessaire de recueillir plus de 4,7 millions de signatures pour d’ici le 12 mars 2020 à minuit pour que le référendum puisse se tenir. Pour apporter votre soutien, vous pouvez le déclarer sur le site officiel du gouvernement prévu à cet effet : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Vous retrouvez également la proposition de loi des parlementaires sur le site internet de l’assemblée nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/15/pdf/propositions/pion1867.pdf

Contact : gsu@socialistesuniversitaires.fr

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