Contre une réforme injuste : le GSU appelle à la mobilisation le 5 décembre

Le Groupe Socialiste Universitaire apporte son soutien à la grève reconductible et appelle à la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites, et pour une politique sociale juste. 

La réforme des retraites est fondée sur le principe d’un système universel à points. Ce système est en apparence simple : chaque euro cotisé doit donner à chacun le même droit à la retraite indépendamment du niveau de salaire ou du régime. Il s’agit là d’unifier les 42 régimes de retraites. Toutefois, selon l’économiste Thomas Piketty, ce principe revient à « sacraliser les inégalités salariales telles qu’elles existent, y compris lorsqu’elles prennent des proportions abyssales (…) et à les perpétuer à l’âge de la retraite, et de la grande dépendance, ce qui n’a rien de particulièrement juste. »

Le projet évoque, pour compenser, qu’un quart des cotisations sera consacré à la solidarité. Mais, ce calcul ignore entièrement les inégalités liées à l’espérance de vie. Les 5% les plus pauvres vivent 13 ans de moins que les 5% les plus riches. Les cotisations des plus pauvres serviraient donc à financer les retraites des plus riches. Il est clair qu’en tenant compte de ces paramètres, une cotisation de solidarité de 2,8% pour les salaires élevés est loin d’être suffisante. 

La réforme vise également à repousser l’âge de départ à la retraite. Le Premier Ministre a annoncé un âge « pivot » : 64 ans, ayant pour but, selon lui, d’inciter les français à travailler plus longuement. Les individus qui quitteront plus tôt la vie active bénéficieront d’une retraite moins importante par rapport à ceux qui partiront à 64 ans et plus.

Cette réforme porterait donc un préjudice conséquent aux personnes travaillant à temps partiel, celles étant au chômage ou encore les personnes invalides car ces derniers auront cumulé beaucoup moins de points que les autres. De plus, cette réforme néglige fortement la question de la pénibilité salariale. En effet, des personnes au travail rude causant notamment d’important problèmes de santés méritent une retraite plus tôt et donc devraient être traités différemment. 

Par ailleurs, cette réforme touche particulièrement les femmes : comme on le sait, la différence de salaire entre les femmes et les hommes est de presque 20%. En 2017, la pension des femmes est inférieure de 42% à celle des hommes. Faut-il encore accroitre ces inégalités ? Quid des femmes seules ayant à leur charge plusieurs enfants ? 

Il ne s’agit pas là d’un système solidaire mais d’un système capitaliste : chaque individu se construit un capital qui lui permettra de financer sa retraite future. C’est une logique extrêmement inégalitaire et contraire à l’idée de justice sociale que nous défendons. 

Qu’il s’agisse de l’assurance chômage, de l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants, ou encore de la suppression du compte pénibilité : les réformes du gouvernement n’ont fait qu’aggraver les inégalités ou déplacer les problèmes. Cette réforme des retraites est un acte supplémentaire visant à casser notre système social. La protection des acquis sociaux est l’affaire de tous : des retraités actuels comme de ceux qui vont entrer dans cette catégorie ; surtout elle est l’affaire de toute la jeunesse de France qui sera victime de cette réforme. 

Nous nous devons de faire front en dépit du matraquage médiatique contre les grévistes. Marchons ensemble contre les réformes qui sous couvert d’égalité et de productivité déplacent les problèmes et renforcent la précarité générale. 

Marchons, unis, le 5 décembre pour défendre nos droits et notre avenir. Nous soutenons tous ceux, qui, déterminés poursuivront aussi longtemps que nécessaire cette grève essentielle, jusqu’à l’obtention de ces revendications légitimes.

Par Abir Adam, Linah Bonneville et Sarah Vaccaro

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